Abbaye Notre-Dame de Sénanque
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Homélies

Homélie du dimanche 6 août 2017

18ème dimanche du temps ordinaire de l’année A

La Transfiguration (fête)

Par le Frère Jean-Marie

Le texte de cette homélie n’a pas été relu par le prédicateur

(Le style oral a été conservé)

Frères et sœurs bien aimés, en ce dimanche de la Transfiguration, l’Église dans sa liturgie veut nous introduire dans le mystère du Verbe fait chair, venu sauver l’homme et le ramener à son Père dans l’Esprit Saint. Cette fête du Seigneur au cœur de l’été nous ouvre à la lumière que Jésus nous apporte plus encore, lumière de son Être et de sa Personne.

«Je suis la lumière du monde», dit Jésus.

Cette lumière est la lumière de la vie, vie qui resplendit dans l’obscurité et les ténèbres du monde mais que rien ni personne ne peut arrêter ou faire dévier. Cette lumière de la vie vient nous rejoindre aujourd’hui en ce dimanche pour éclairer notre intelligence afin d’agir avec notre raison et en vérité, puis fortifier l’autre faculté de notre âme, la volonté, pour passer concrètement à l’action.

Il ne s’agit pas seulement de contempler la vérité qui est la bonté de Dieu et des créatures sauvées par lui mais il est nécessaire d’avancer en faisant des choix qui engagent notre vie et qui vont la qualifier. Si le Christ Jésus choisit trois de ses apôtres pour les attacher plus fortement à lui et à son ministère, c’est afin que ces mêmes apôtres fortifient à leur tour leurs frères et sœurs sur le chemin de la vie, de la foi et de l’amour dans l’espérance réelle et concrète de l’œuvre salvifique de Dieu et son dessein bienveillant pour l’humanité dans l’éternité.

Pierre, chef du collège apostolique, lui si fragile humainement et si fort dans la grâce de Jésus et le choix du Père. Pierre sur qui repose la foi de l’Église, notre foi.

Jean, l’apôtre le plus jeune et le plus proche du cœur du Christ, de sa Mère, du ministère de Jésus, qui sera le dernier des apôtres à mourir après avoir laissé dans l’Esprit Saint le quatrième Évangile qui synthétise l’ensemble de la révélation divine, l’Apocalypse qui manifeste, qui révèle l’espérance et ses trois lettres aux Églises.

Enfin Jacques, frère de Jean, qui sera le premier martyr parmi le groupe des apôtres.

Frères et sœurs, ces trois colonnes rejoignent dans la lumière les deux symboles, ces deux grands oliviers que sont Moïse et Elie. Moïse ayant reçu les Paroles des dix commandements; Moïse, l’homme le plus doux, «le plus humble de la terre», nous dit l’Écriture. Lui, représentant la loi et le peuple d’Israël, ayant été l’instrument vivant de Dieu pour la constitution de ce peuple et la libération de l’esclavage d’Egypte.

Mais aussi Elie, cet homme de feu, du feu de l’Esprit Saint qui reçoit et applique la loi mosaïque dans son élévation la plus haute et spirituelle, et qui voulut conduire le peuple aux sources de la vie.

Ces hommes se rejoignent, se voient, sont ensemble un moment comme un moment d’éternité avant la tempête de la Passion.

Le point de rencontre, la Personne qui les unit…c’est Jésus. Le Christ Seigneur est le point central de l’histoire humaine; et lui seul peut faire l’unité du genre humain recréé par sa grâce dans la vie et le mystère de son Corps mystique et de son Épouse, l’Église. L’Église catholique et le fleuve de vie qui jaillit sans cesse des sacrements pour guérir, apaiser, sanctifier, alimenter et vivifier tout être, toute personne.

Si Jésus fait l’unité de la première Alliance avec l’Alliance définitive et éternelle du nouveau Testament qui l’inaugure et accomplit dans sa Personne et son ministère, sa mission, en dépassant toutes les attentes messianique du peuple Hébreu et toutes les espérances des hommes. Ce même Jésus peut, et lui seul, réaliser et accomplir l’unité de notre propre vie et l’unité et communion avec nos frères proches ou lointains.

Frères et sœurs, cette fête de la Transfiguration peut nous permettre de retenir trois points en ce matin pour orienter notre chemin.

Tout d’abord le Seigneur veut toujours le bien de l’homme et la vie. Il nous invite toujours à choisir la vie et la lumière. Puis nous savons et nous croyons que le Seigneur nous accompagne tout au long de notre existence et ne sera jamais absent dans les moments difficiles même si nous nous sentons seuls, Il est là présent et actif pour nous soutenir.

Enfin, forts de cette expérience et de ce réconfort nous pouvons devenir à notre tour des frères et sœurs qui aident les autres à franchir certains passages plus étroits pour grandir, pour vivre.

Frères et sœurs, devenons des porteurs de lumière et de vie, Amen.