Abbaye Notre-Dame de Sénanque
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Homélies

Homélie du dimanche 21 janvier 2018

3ème dimanche du temps ordinaire - Année B

Par le Frère Jean-Baptiste

Le texte de cette homélie n’a pas été relu par le prédicateur

(Le style oral a été conservé)

Les versets du commencement de l’évangile de Marc nous donnent de méditer en ce dimanche sur tout le début du ministère public du Christ en Galilée.

Dieu s’est fait homme!

Depuis plus de trente ans il partage incognito la vie du peuple Israël de son temps.

La mention de l’arrestation de Jean-Baptiste le précurseur par l’évangéliste peut signifier que le temps de préparation du Messie se termine. De fait les premiers mots que St Marc met sur la bouche du Christ sont «que les temps sont accomplis» ce qui veut dire que les temps fixés par Dieu sont arrivés à leur terme. L’ensemble des promesses faites à Israël vont se réaliser par la médiation du mystère de la Personne du Christ.

C’est donc un moment décisif! Celui où le règne de Dieu advient sur terre!

Dieu par l’avènement désormais public de son Fils vient établir une relation nouvelle avec les hommes. Il vient instaurer un dialogue nouveau avec l’humanité - et c’est à la suite d’un dialogue déjà entamé avec un peuple qu’il s’est choisi entre tous les autres - afin de construire cette nouvelle Alliance, cette fois éternelle!

Dieu décide lui-même ce qui est le plus essentiel pour les hommes à travers les expressions circonstancielles de l’histoire; Dieu nous offre l’existence de son Fils qui pénètre d’une façon à la fois immanente et transcendante l’histoire des hommes.

Il nous oblige en quelque sorte à prendre parti!

Nous sommes invités à jouer notre vie à partir des paroles et des gestes posés par le Christ à un moment donné de l’histoire devenu fondateur de l’histoire. Il nous demande de découvrir à quel point il a voulu manifester son Amour pour nous, et nous devons l’entendre d’après les récits que nous ont apportés les quatre évangélistes. À nous de déchiffrer combien sa vie va pouvoir agir sur notre propre histoire.

Le règne de Dieu est le mystère de la grâce du Salut qui est à l’œuvre pour transfigurer et transformer nos vies.

Et qu’est-ce-que le Christ exige pour que cela advienne? Simplement une conversion! C’est-à-dire un retournement de nous-même vers lui. Mais il nous demande aussi notre foi en sa fidélité! Cette fidélité qui s’est exprimée au cours des siècles auprès d’un petit peuple souvent infidèle.

Comme les apôtres au bord du lac de Galilée, vingt siècles après, il nous appelle encore aujourd’hui à croire en ce qu’il accomplit pour nous. Il nous appelle à prendre position face à la faveur qu’il nous propose de vivre avec nous cette grâce du Salut. Dieu a besoin de notre réponse, il désire nous engager à sa suite dans le mystère de son Alliance nouvelle; cette Alliance nouvelle réalisée dans sa chair, non seulement passivement si on peut dire, à Noël…mais plus activement dans son ministère public et d’une manière plus pressée sur la Croix.

Le mystère du règne du Christ advient sur terre à travers notre réponse qui donne alors prise à son agir, à cette agir de Dieu qui est Sauveur et recréateur.

Chacun de nous avec lui doit pouvoir trouver une relation unique personnelle.

Relation essentielle et consciente sur laquelle nous pouvons nous appuyer. Nous devons faire en sorte de nous laisser saisir par lui, de nous laisser prendre dans une aventure d’amour proprement divine et qui nous divinise, qui nous découvre finalement notre vocation véritable d’enfant de Dieu.

De nous laisser prendre dans cette aventure quoi qu’il en soit!

Le Seigneur intervient dans nos existences comme il lui plaît! Il s’agit pour nous de le suivre sans défiance. Tous nous sommes appelés à faire l’expérience de Dieu dès cette vie pour rendre un peu d’amour pour tout ce qu’il a fait pour nous; de lui offrir actions de grâce et louanges.

Le Christ nous appelle à venir derrière lui, après les apôtres, pour peu à peu nous conformer à son mystère qui glorifie le nom de son Père. St Paul, en la lettre aux Corinthiens, nous presse de répondre à cet appel. Le temps se fait court, il est limité! Et il dit plus loin «Le monde tel que nous le voyons est en train de passer» de disparaitre!

Rappelons-nous: si l’Esprit Saint nous a été donné, par une grâce déjà, c’est pour que nous devenions des êtres habités de cette grâce, dociles à suivre l’Esprit du Christ.

Se mettre à la suite du Christ est toujours possible aujourd’hui! Et l’Église est là pour soutenir cette démarche et l’épanouir au service de notre humanité contemporaine.

Soyons vigilants sur la chemin de la Justice et de l’Amour, alors nous pourrons rendre gloire à Dieu!

Qu’il en soit bien ainsi.